Les élèves de l’école Saint-Charles ont la main verte à Péruwelz : la classe de deuxième année a participé ce vendredi 28 mars à un chantier participatif de plantation
Ce vendredi 28 mars à Péruwelz, les élèves de deuxième année ont participé à un chantier participatif de plantation, dans le cadre d’un projet de renaturation mené par le Parc naturel des Plaines de l’Escaut, qui consiste à « accompagner les collectifs pour des projets en faveur de la biodiversité. Les écoles rentrent dans le cadre collectif, et la dimension biodiversité signifie de remettre du vert, de la végétation locale et des aménagements favorables à cette biodiversité au sein des écoles »
C’est pour une partie de jardinage qu’une vingtaine d’élèves de deuxième année se sont retrouvés en dehors de leur classe en pleine nature vendredi dernier. Porté par le parc naturel des Plaines de l’Escaut, le fondement de l’initiative se résume en la renaturation d’une petite partie boisée attenante à la cour de récréation, laissée à elle-même depuis quelques années.
Concrètement, les élèves ont ainsi planté des noisetiers, afin de lutter contre l’expansion de la renouée du Japon, sous l’exemple et la supervision du chargé de projet, Nicolas Hanocq. « C’est une espèce exotique envahissante, qui vient du Japon. Elle est un peu arrivée chez nous par malchance. C’est une plante qui est très concurrentielle, c’est-à dire que, peu importe le milieu, elle va très vite croître, et va donc occuper l’espace et couper la lumière aux autres plantes ».
L’espace dans un coin de la cour étant totalement occupé par cette plante, il n’y a qu’elle qui pousse. « Il n’y a pas grand-chose qui aime la manger ou qui s’en sert pour se reproduire, donc ça n’a pas vraiment d’intérêt au niveau de la biodiversité ».
L’objectif est ainsi de stopper la progression de ce végétal en plantant des noisetiers, qui sont eux, une espèce locale, utile aux charançons et aux écureuils. « C’est quelque chose que nous pouvons valoriser et que les animaux de chez nous valorisent aussi ».
Dans d’autres écoles...
Les élèves ont donc eu l’occasion de planter de la haie indigène, remplaçant ainsi l’ancienne haie horticole. « C’est davantage une plante qu’on peut trouver en jardinerie, avec de beaux feuillages parfois persistants. Le problème, c’est que ce ne sont pas des
variétés de chez nous, elles ont été sélectionnées. Et donc, que ce soit pour un champignon ou un insecte, sa feuille n’est pas vraiment digeste. Là, on replante des arbres qui sont des essences locales. Et par le biais de l’évolution, les oiseaux et insectes les connaissent et s’en servent pour s’alimenter ou se reproduire».
D’autres activités sont ainsi prévues dans plusieurs écoles de Tournai, notamment les écoles de Don Bosco et Notre-Dame. La cour de récréation de cette dernière a été déminéralisée afin de laisser place à la plantation d’arbres et Don Bosco a vu sa cour être reverdie avec des haies et des arbres fruitiers. Une intervention est aussi prévue chez les maternelles, où un petit potager sera mis en place. « À la base, eux voulaient avoir de beaux légumes afin de les vendre aux parents. Notre objectif est d’accepter qu’un chou soit mangé par une piéride, de laisser du bois mort pour que des insectes puissent s’y cacher. On va essayer de leur apprendre à cultiver un beau potager, sans produits chimiques, et sans être dans la volonté d’avoir du rendement. Ça va permettre d’émerveiller surtout les plus petits, qui, eux, avaient l’impression que les frites venaient d’une patate dans un sachet du supermarché. »
Classes nature
Cette initiative ne profite pas qu’à la nature, puisque les élèves y trouveront aussi leur compte. Des classes ouvertes seront organisées, ce qui leur permettra d’avoir cours en extérieur et d’être en contact avec un milieu naturel. Parmi les élèves, deux professeurs participent à la plantation. L’un d’eux, Thomas Decottignies, professeur de sciences sociales et d’histoire géo, met du cœur à l’ouvrage en assistant ses élèves. « À l’école, on est très moralisateur en disant ‘il faut protéger l’environnement’, et c’est une parole un peu vide à partir du moment où ils ne sont jamais en contact avec l’environnement, et n’en ont aucune connaissance véritable. Ce projet permet aux jeunes de voir quelque chose de plus concret au niveau de la conscience écologique », dit-il.
« C’est un public qu’on peut facilement toucher et qui n’a pas peur de parler pour faire bouger les choses », conclut Monsieur Hanocq.