Pas un concours, mais bien une lecture de drag Queen et King , pour les enfants à la bibliothèque de Celles ce mercredi 26 mars
Ce mercredi 26 mars, une lecture a été donné à des enfants de six à dix ans à la bibliothèque de Celles. Jusque-là, pas de surprises, mais si maintenant on vous dit que les livres ont été lus par une drag Queen et un drag King ?
Un événement inattendu s’est déroulé à la bibliothèque de Celles ce mercredi 26 mars : les histoires d’une sélection de livres pour enfants ont été racontées par une drag Queen et un drag King, sous l’écoute plus ou moins attentive d’une trentaine de petits, âgés de six à dix ans.
C’est à l’initiative des bibliothécaires que ces lectures ont été organisées. Un moyen, selon Désirée Fievez, animatrice de la bibliothèque, de sensibiliser ces jeunes enfants à la différence : « c’est pour leur inculquer des valeurs de respect envers la différence, de soutien envers les personnes qui ne sont pas forcément comme nous. Et leur montrer qu’un monde n’est pas fait que de personnes grandes, belles, comme on voit à la télé. Il y a des petits, des grands, des gros, des forts. Et le monde est constitué de tout ça et c’est ça qu’il faut mettre en valeur, ce sont nos différences. Et c’est par là que sont nos forces. »
Le choix des valeurs transmises passe d’abord par les livres. La sélection des ouvrages ne s’est donc pas faite par hasard : « on avait déjà une petite sélection en bibliothèque, on leur a proposé, et elles nous ont fournis une liste avec laquelle elles avaient l’habitude de travailler. On s’est vite dépêchés de les acheter pour pouvoir en faire profiter les enfants. Je m’attendais à des choses autour du genre, du fait d’être drag queen ou drag king, ou des choses de cet ordre-là. Et, non, c’est vraiment très varié, très large au niveau de la différence, et ça touche vraiment tout le monde. »
L’importance de déconstruire les préjugés
Plusieurs thèmes ont ainsi été explorés, tous reposant sur des valeurs piliers de notre société, notamment l’égalité homme-femme, la liberté pour tous, la question de l’identité de genre, la possibilité de s’habiller selon notre envie, la tolérance face aux différences, pour ne citer qu’eux.
Mais se pose maintenant la question de la bonne réception de ces concepts auprès d’enfants aussi jeunes. Pour l’animatrice, c’est justement à cet âge qu’ils doivent être informés : « Je pense qu’ils vont être réceptifs. Ma collègue avait fait des lectures de ce type en amont dans les classes, et elle a été stupéfaite car elle a rencontré des enfants qui avaient des aprioris tels que “les robes, c’est pour les filles”.
Puis, il faut les questionner : “pourquoi ? Parce que ce sont surtout des filles qui en portent. Peut-être que toi tu n’aimes pas porter des robes, mais il y a peut-être des garçons qui aiment en porter. Les filles portent bien des pantalons.”
Et ensuite, nous devons essayer de leur faire comprendre que c’est ok que ça ne leur plaise pas, mais que si d’autres le font, ce n’est pas grave. Petit à petit, on essaie de discuter avec eux, de les comprendre, de comprendre d’où vient le blocage, quels sont leurs questionnements, leurs peurs aussi car souvent, cela se cache derrière des peurs. Et aller discuter avec eux, car quand ils sont tout petit, on pense que parce qu’ils sont des enfants, ils ont juste à apprendre. Mais ils ont aussi leurs avis qui parfois sont construits sur des craintes, ou sur des avis d’adultes. Et quand on creuse un peu, on se rend compte que leur avis est important. »
Des contes hauts en couleurs
Ce sont donc un drag king et une drag queen qui ont donné vie aux histoires. Nichés sur leurs hauts talons, ces deux artistes ont accompagné les enfants dans l’univers des livres, en assurant parfois eux-mêmes l’interprétation des personnages. De quoi attirer l’œil et surtout l’attention des tout petits.
La drag queen, arborait un maquillage s’accordant avec une robe rougeoyante toute en dentelle. De son nom de scène Samantha, nous vient tout droit de la capitale, et a découvert le drag en y arrivant. Elle travaillait alors dans un bar en tant que barman : « un jour, je me suis dit que ça me ferait plaisir de découvrir ce qu’est le drag, et puis il m’a fallu cinq ans pour l’être. Ça a pris un peu de temps mais depuis que j’ai commencé, je suis ravi ».
Deuxième artiste drag, Croma a pour sa part connu cet art de la scène après le confinement, en rencontrant une troupe d’artistes queer qui performait tous les genres dans différents squats. « Tout d’abord, j’ai commencé à organiser des scènes parce que je trouvais ça chouette comme expression artistique. Et après le covid, il y avait peu de scènes à Bruxelles qu’on a commencé à organiser des scènes ensemble », explique Croma en désignant sa complice. « J’étais d’abord maitresse de cérémonie, et j’avais envie d’accompagner les artistes. Et je me suis ensuite mise à performer. »